À Travers Ses Yeux

On dit que les yeux reflètent les émotions, qu’ils sont le miroir de l’âme.

Avec ce premier chapitre, nous vous proposons un voyage au travers des yeux d’Emmanuelle Seigner, pour saisir un peu de sa créativité, la découvrir sous ses multiples facettes d’artiste. Il y a quelque chose de spirituel, d’insaisissable en elle. Elle dévoile ici une infime partie d’elle-même, en nous parlant de ses inspirations, de ses passions, de ses découvertes. Le reste tient encore du mystère.

Mélanie et Rosalie
Regarder Dans la tête d'Emmanuelle Seigner
Réalisé par Rosalie Miller
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  • POLANSKI

    La Venus a la fourrure, 2013

    Film dramatique français, coécrit et réalisé par Roman Polanski, avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. Inspiré du roman érotique de Sacher-Masoch. Le film a reçu le César du Meilleur Réalisateur.

    © Mars Distribution

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  • FRANTIC

    de Roman Polanski, 1988

    Film franco-américain avec Harrison Ford and Emmanuelle Seigner.

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  • MICK JAGGER

    Angie, 1973

    Chanson des Rolling Stones sur l’album ‘Goats Head Soup’. Numéro 1 des ventes dans plusieurs autres pays. Elle reste l'une des ballades les plus connues du groupe.

    Photo de David Bailey

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  • IGGY POP

    ‘La derniere pluie’, 2010

    Duo en français entre Emmanuelle Seigner et Iggy Pop, composé par Keren Ann et Doriand. Cette chanson est parue sur l’album ‘Dingue’ d’Emmanuelle Seigner.

    © Columbia Sony

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  • BLONDIE

    Rip Her to Shreds, 1976

    Une chanson du groupe américain Blondie, qui figure sur l’album éponyme du groupe.

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  • LOU REED

    Lou Reed’s Berlin, 2007

    Un film réalisé par Julien Schnabel avec Lou Reed et Emmanuelle Seigner filmé durant le concert de Lou Reed à St Ann’s Warehouse à Brooklyn durant cinq nuits.

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  • NICO

    Femme Fatale, 1967

    Chanson interprétée par Nico du groupe The Velvet Underground. Elle est inspirée par le personnage d’Edie Segwick, muse d’Andy Warhol à la Factory.

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  • DIVINE

    You Think You’re a Man, 1987

    Single de l’album ‘The Store So Far’ de Divine, un acteur et chanteur drag queen américain, notamment célèbre par ses apparitions dans la plupart des films de John Waters.

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  • POP ART

    Andy Warhol

    Artiste américain qui appartient au pop art, mouvement artistique dont il a été l'un des innovateurs.
    Il a été le sujet de multiples expositions, livres et films depuis sa mort. Il est l'un des artistes les plus connus du XXe siècle."

    © Andy Warhol/ Moma

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  • GAGOSIAN GALLERY

    John Currin

    Peintre américain basé à New York, connu pour ses peintures figuratives satiriques qui traitent des thèmes sexuels et sociaux provocateurs.

    © John Currin/ Gagosian Gallery

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Parle moi

Avec Emmanuelle Seigner

C’est par une matinée éclairée d’un grand ciel bleu, que la belle aux yeux bleus a rejoint l’équipe parisienne de Signature International.

Emmanuelle Seigner est entrée dans la pièce avec un sourire désarmant et nous a tous charmés. Pourtant, est-ce une légère timidité que je devine en elle ?

Emmanuelle est connue pour avoir des opinions tranchées et ne pas mâcher ses mots. J’étais impatiente de pouvoir prouver la véracité de ces rumeurs. Personnage unique, tant par ses choix de rôles que par son histoire personnelle, j’étais certaine de rencontrer quelqu’un d’inoubliable. Et je ne fus pas déçue. Emmanuelle joue souvent des personnages atypiques ou forts, des femmes qui n’ont pas peur de leur sexualité, de leur intelligence ou de leur propre force. Cette actrice incroyable serait-elle aussi étonnamment humble ?

Je suis créative
à ma façon,

— mais je ne suis pas
une créatrice.

Je l’interroge, sur cette façon qu’ont les gens créatifs de l’être de mille façons, souvent au-delà du talent pour lequel on les connaît.

“En fait, en ce qui me concerne, commence-t-elle, je suis créative à ma façon, mais je ne suis pas une créatrice. Je ne suis pas réalisatrice, je n’écris pas de chansons, je ne suis pas peintre. Je suis créative, mais plutôt dans l’interprétation.”

« Malheureusement, je ne suis pas capable de créer des chansons ou de réaliser un film. Je pourrais le faire, mais ce serait médiocre et je pense qu’il y en a déjà assez, je n’ai pas envie d’ajouter à la médiocrité ambiante.”

Plus j’apprends à connaître Emmanuelle, plus je découvre la façon dont elle se perçoit. Pour quelqu’un doté d’autant de talent, de beauté et de confiance, Emmanuelle est l’une des comédiennes les plus modestes que j’aie rencontrées. Et je l’en apprécie d’autant plus.

“Je pense
que ce qui compte,
ça n’est pas d’avoir
du succès
immédiatement…”

Je lui demande comment elle perçoit son autre face créative, celle que l’on connaît moins. Car Emmanuelle est sans doute moins connue pour sa musique…

Elle ne cille pas.

“Oui, je me suis lancée dans la chanson assez tard… et il n’y a pas grand monde qui le sait… Ca prend du temps et il faut faire un tube pour ça. C’est long, vous savez. Mais je continue.”

Elle poursuit.

“Même en tant que comédienne, au début quand j’ai fait Frantic [le film qui l’a lancée en 1988], personne ne me prenait au sérieux, parce j’avais été mannequin, parce que j’étais la petite amie de Polanski. Tout le monde disait — Ouais, c’est juste une sexy bitch”.

Elle rit.

“Et il m’a fallu beaucoup de temps pour que les gens me prennent au sérieux… Mais je pense que ce qui compte, ça n’est pas d’avoir du succès immédiatement, parce que je pense que c’est très dangereux. Je crois que c’est mieux de construire, comme on construirait une maison, pierre après pierre. C’est comme ça qu’on construit une belle maison, je pense… parfois, c’est bien de devoir se battre un peu.”

Il est vrai que la vie n’a pas été un long fleuve tranquille pour Emmanuelle. Elle s’est retrouvée projetée au beau milieu de controverses publiques et, depuis ses débuts en tant que mannequin, elle s’est fait un prénom et a construit sa propre réussite dans le monde artistique, qu’elle a su entretenir. Pour une personne dont l’approche créative est assez unique, ça n’est pas forcément une tâche aisée.

Au fur et à mesure qu’elle me parle de sa vie, je commence à avoir un aperçu de sa franchise, saupoudrée ça et là d’une once de langage fleuri. Emmanuelle, fraîchement couronnée de succès pour le rôle de la séduisante et manipulatrice Vanda dans la version 2013 de La Vénus à la fourrure, nous livre un de ses mantras :

“J’essaie d’être créative à ma façon… Je produits mes albums et j’essaie d’être un peu autre chose qu’une simple actrice insignifiante.”

Comme si on pouvait l’accuser d’une telle chose. Parlant de sa musique, Emmanuelle me dit qu’elle préfère ça à jouer la comédie.

“Je dépends [des gens pour faire de la musique], mais moins. Parce que je peux produire mes propres albums. Ça ne coûte pas aussi cher que de produire un film, par exemple. Et je peux choisir la personne avec qui je veux travailler. C’est plus créatif et j’ai plus de contrôle sur ce que je fais. Mais je dépends quand même de la personne qui écrit la chanson. Enfin, on dépend toujours de quelque chose dans la vie”,

dit-elle en haussant les épaules.

Je me demande par ailleurs si ce n’est pas sa modestie qui la rend si bonne dans ce qu’elle fait. Je décide de lui poser quelques questions sur son passé, car finalement, elle était née pour être créative, avec un père photographe, une mère journaliste, des grands-­parents comédiens (son grand-père, Louis Seigner, était un grand nom de l’époque)…

“Mon grand-père était une sorte de Lawrence Olivier français. Forcément, dès l’âge de quatre ans, j’étais toutes les semaines à la Comédie Française, où j’ai vu toutes les pièces, tout Molière, tout Shakespeare, tout… Alors c’est vrai que j’ai ça dans le sang. J’ai été élevée comme ça.”

Pourquoi est-elle
si différente ?
Si imprévisible ?
Et si fascinante
pour le public ?

Est-ce qu’elle se conforme à un moule quelconque ?

Elle répond:

“Oh non, je n’aime pas les moules. Je me sens un peu entre-deux. Je me situe entre avant-garde et… populaire. Et j’aime ça. Je ne crois pas que j’aimerais être une énorme superstar. Parce que je pense qu’on perd ce côté artistique, le truc arty, que j’aime beaucoup. En même temps, si vous êtes trop arty, personne ne vous connaît et vous ne pouvez pas faire grand-chose.”

Elle rit.

“Surtout dans le monde d’aujourd’hui où tout est tellement commercial et vide, d’une certaine manière. C’est pour ça, je pense que c’est pas mal d’être un peu entre les deux, et parce que le moule c’est l’ennui.”

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Je voulais vraiment
être Mick Jagger,

mais je voulais aussi
être Lou Reed.

Je lui parle de sa musique, qui change à chaque album et ne rentre décidément dans aucun moule. Elle me parle de ses inspirations

“Dans mon premier album, je voulais vraiment être Mick Jagger, mais je voulais aussi être Lou Reed.”

Petit rire.

“Pour mon deuxième album, j’ai essayé de faire quelque chose de plus français, plus pop, plus Gainsbourg. Et pour le troisième, j’étais essentiellement inspirée par The Runaways. Et Jesus and Mary Chains et les Strokes… Mais j’aimerais bien faire un album punk. ”

Voilà, c’est Emmanuelle. Je l’interroge ensuite sur La Dernière Pluie, le duo sensuel qu’elle interprète avec Iggy Pop. Elle dit de lui que c’est un crooner et que lui aussi est vraiment lui-même.

“Je trouve que c’est quelqu’un de très inspirant. Je pensais à ce que vous évoquiez plus tôt, l’inspiration, il y avait plus de gens inspirants avant. Aujourd’hui, les choses sont un peu plates, un peu ennuyeuses, c’est un peu la loi de l’entropie. Tout se mélange et tout se ressemble.”

Mais Emmanuelle continue à trouver l’inspiration chez les musiciens qui l’ont précédée. Je la questionne sur la vidéo de You Think You’re a Man tellement punk et lui parle de Divine, la drag-queen américaine des années 80 qui lui a apparemment inspiré tout ça.

« Oui, c’est un morceau que je voulais faire, parce que je suis très inspirée par Divine. Je cherchais à faire quelque chose de plus dingue, de différent, et je suis tombée sur ce morceau, que je trouve génial. Je trouve que c’est une chanson pour les femmes, et c’est aussi une chanson un peu féministe. Je trouve que c’était tellement audacieux, tellement inspirant. Ces années étaient tellement politiquement incorrectes, et c’était bien. Pour moi c’est vraiment un hommage à lui et à cet esprit. »

Je me situe entre
avant-garde et…
populaire.
Et j’aime ça.

Sois toi-même. Je commence à capter quelques thèmes centraux de la personnalité d’Emmanuelle Seigner. Je lui parle donc de l’intérêt qu’on lui prête pour Warhol et sa Factory dans les années 60, 70 et 80. Son visage s’éclaire.

“Oui, je crois que tous ces gens ne pensaient pas à l’argent, au succès ou au statut de star, ils étaient juste ultra créatifs. Warhol était une sorte de génie dans sa compréhension du monde… et j’adore ce mélange de chanteurs, d’acteurs, un peu underground, et de peintres… Ils ont dû bien s’éclater. Je pense que j’apprécie les gens qui font ce qu’ils aiment et qui le font pour de bonnes raisons. Qui ne font pas les choses pour devenir stars de cinéma. Ca c’est vraiment de la connerie !”

Je me demande ce que ça fait de travailler avec le talentueux Roman Polanski.

“Travailler avec mon mari c’est une longue histoire, parce que ça a commencé à 19 ans avec Frantic. C’était complètement différent sur La Vénus à la Fourrure. A l’époque de Frantic, j’étais une idiote, je ne savais pas combien j’avais de la chance de faire ce film avec lui et avec Harrison Ford. C’était un vrai cadeau, mais j’étais jeune et incapable de l’apprécier comme j’aurais dû. Jouer La Vénus à la fourrure, c’était un peu un miracle parce que pour la première fois de ma vie, en quelque sorte, j’ai pu travailler avec lui comme avec un très grand réalisateur. Travailler vraiment avec lui et faire quelque chose de génial… de façon plus créative et plus intéressante, je pense. C’était génial, mais j’ai dû attendre toutes ces années pour le faire. ”

Voilà une bonne occasion, s’il en fût, de lui parler de La Vénus à la Fourrure qui est sur le point de devenir un film culte. Emmanuelle répond avec modestie :

« Oui, c’est bizarre, j’étais aux Etats-­‐Unis, et c’était une petite sortie, mais dans tout le pays, nous avons eu des critiques formidables. C’est vraiment chouette, je sais que les gens disent beaucoup de bien du film, alors je suis très fière. Même si ça n’est pas un grand succès commercial. » Je lui dis que c’est un vrai succès artistique. Elle me répond « Oui, exactement, un succès d’estime. Et c’est le plus important. »

Elena Luoto Meister
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  • FREEDOM

    Charlie Hebdo : Les 20 ans

    "Il est maintenant temps de faire respecter la liberté et de ne pas céder à la peur".
    Simon Jenkins

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  • FACTORY

    Andy Warhol's Factory People

    Film documentaire de Catherine O’Sullivan Shorr qui retrace l’histoire d’Andy Warhol et de sa Silver Factory des années 60.

    Original poster art by Tom & Leo, Paris

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  • JULIAN SCHNABEL

    Le Scaphandre et le Papillon, 2007

    Film franco-américain de Julian Schnabel, adapté du livre de Jean-Dominique Bauby, interprété par Mathieu Amalric aux côtés d’Emmanuelle Seigner. Le film a été multi-primé à travers le monde.

    ©

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  • NEW YORK

    Gramercy Park Hotel

    Un hotel de luxe historique à New York. En 2006, Julian Schnabel a repensé l’hôtel et tout son intérieur, jusqu’à son logo. L’hôtel accueille des expos d’artistes tels que Jean-Michel Basquiat, Damien Hirst, Richard Prince, Julian Schnabel, Cy Twombly et Andy Warhol.

    © Gramercy Park Hotel

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  • LOU REED

    'Venus in Furs', 1967

    Chanson de 'The Velvet Underground', écrite et composée par Lou Reed. Inspirée par le livre éponyme de Léopold Von Sacher-Masoch, la chanson a pour thèmes le sado-masochisme.

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